INTERVIEW DE SIMON ASTIER (HERO CORP)


Par Esther Bay, réalisée le 7 décembre 2009

simon astier hero corp


Une série française sur des super-héros déchus, c'est plutôt original ! Et c'est Simon Astier qui en est l'instigateur : il n'a que 25 ans, mais est déjà en train de finir la saison 2... Et comme Alexandre Astier, Simon aime tout faire sur sa série : il en est le scénariste, réalisateur... et y joue. La première saison de Hero Corp sortant en coffret DVD, c'était le moment de lui poser quelques questions, auxquelles il a répondu avec sympathie. La saison 2 sera à découvrir en janvier sur Comédie!.

 

Pourquoi faire une série sur des super héros ? Ça devait être plutôt drôle de les imaginer, eux et leurs pouvoirs un peu bizarres...

En fait c'est un sujet que j'aime bien, je me reconnais davantage dans les thèmes fantastiques, qui sortent du quotidien. Pour ce qui est des super héros rigolos, ça fait partie du charme de la série, donc oui c'était très sympa à imaginer !

Le fil conducteur de la saison est logique (le gentil va battre le méchant), mais était-ce difficile d'écrire ce qui allait se passer entre les deux ?

Non ce n'était pas vraiment difficile... Ce qui était compliqué c'était de bâtir un univers qui puisse durer, on a mis un an pour imaginer la saison 1 ! Ça devait tenir la route, parce que outre la télévision j'ai envie de l'exploiter sur plusieurs supports. D'abord sur internet : on va faire une web série feuilletonnante avec certains des héros de HeroCorp, pour aborder d'une autre manière cette histoire. Et puis en version BD, pour revenir sur le moment où ça allait bien à Montréal.

La BD sera dessinée par la même personne qui a participé à la série ?

Effectivement, ce sera dessiné par Olivier Peru, qui avait déjà fait le générique de Hero Corp, certains autres dessins utilisés dans la série, ainsi que des comics qu'on voit dans quelques épisodes.simon astier hero corp

Imaginer les intrigues, faire les dialogues... y a-t-il une partie plus difficile quand vous écrivez ?

Rien n'est facile ! Il n'y a pas de partie que je préfère, tout est compliqué. Mais bon, quand on a une bonne structure, un séquencier, les dialogues sont plus faciles à faire, et c'est vrai que c'est ce que je fais le plus facilement.

Vous avez plusieurs casquettes : scénariste, réalisateur, acteur... c'est compliqué à gérer ?

Oui c'est difficile d'avoir plusieurs casquettes, mais c'est passionnant de pouvoir tout faire jusqu'à la fin. Garder cette première image qu'on a eu de la série quand on l'a imaginée, du début à la fin... Ça permet d'avoir une cohérence, une personnalité au projet. Et puis j'apprends au fur et à mesure dans la saison 1, je m'améliore, donc c'est plus facile dans la saison 2. Et comme on a peu de moyens, on a une certaine liberté créatrice...

Une préférence dans ces trois casquettes ?

Non je ne préfère rien, j'adore faire tout. En particulier sur Hero Corp j'aime vraiment tout ! J'adore travailler sur cette série, c'est passionnant...

Pour une fois dans une série française, la réalisation semble très travaillée, les cadrages étudiés...

On nous dit souvent que Hero Corp est un ovni... On avait peu de temps, donc ça a été très travaillé, pensé. On va à l'essentiel vu le peu de temps, mais j'ai clairement un point de vue particulier. Et dans la saison 2 on va encore plus loin...
Les séries françaises sont peut-être moins travaillées, mais il faut dire que les diffuseurs français brident beaucoup, les scènes doivent être très éclairées... ils sont pour beaucoup dans l'esthétique.

Le fait d'être dans une famille qui est déjà dans le milieu, notamment votre frère Alexandre Astier, ça a eu une influence sur vous ?

En fait j'ai grandi loin de mon frère : j'ai vécu auprès de ma mère, qui travaille dans le théâtre subventionné, donc je me sens proche de cet univers. Je pense que ma famille est dans ce milieu pour de bonnes raisons, donc ça m'a donné une vision positive, ça m'a permis d'aimer ce métier, et ils m'ont transmis ce côté sérieux, m'incitant à beaucoup travailler. On nous parle souvent de Kaamelott, mais on fait ce métier depuis très longtemps, bien avant cette série...

Comment vous en êtes arrivé à faire de la télévision ?

C'est le hasard. C'est Alexandre qui a commencé, mais à la base ce n'était pas une démarche de notre part. Mais personnellement je consomme beaucoup de séries, j'espère pouvoir en faire longtemps. J'aime beaucoup cette écriture, le fait de pouvoir faire évoluer les intrigues, les personnages... Les séries que j'aime ? Particulièrement Lost, Les Sopranos, The Office, Friends, Curb your Enthusiasm...

Vous travaillez généralement avec des gens que vous connaissez, comme Alban Lenoir. Pourquoi cette envie de bosser "en famille" ? C'est rassurant ?

Ce métier peut être très violent, donc il y a un peu ce côté oui... Encore que Alban est un mauvais exemple, car c'est plus qu'un collègue, c'est mon ami, mon frère de coeur, on est opposés mais on s'apprend beaucoup de choses.
C'est un milieu peuplé de gens étranges pas forcément très bien intentionnés... Mais à part Alban, c'est vrai que j'ai une petite équipe avec qui je bosse beaucoup. Et on perfectionne notre collaboration au dvd hero corpfil des projets, l'équipe progresse, grandit... ça reste une tribu ouverte, on accueille régulièrement de nouvelles personnes, pour avoir du sang neuf, de nouvelles idées... Et puis ce métier c'est aussi rencontrer des gens !

A la fin de la saison 1 de Hero Corp, le héros et certains personnages partent de Lozère et se retrouvent à Montréal... Dans la saison 2 que va-t-il se passer ?

Tout est remis en question, le niveau du danger monte de plusieurs crans, vous verrez qu'il y a un exode des super héros... Et l'histoire ne se passe plus ni à Montréal, ni en Lozère, mais ailleurs, vous verrez ! Je suis actuellement en train de monter les épisodes, ce sera en janvier sur Comédie!.

Des projets ?

Toujours des projets de séries, mais j'ai aussi des envies de bosser au cinéma ! Mais j'aimerais développer une idée qui me plaise vraiment. Un film d'aventure, de la science-fiction... c'est vraiment ce que je préfère. Et puis comme je ne suis pas encore très connu, on ne me propose pas de rôle intéressant, donc autant l'écrire et pouvoir y jouer !

Concernant le coffret DVD de cette saison 1, il y a de nombreux bonus, contrairement à la plupart des séries françaises... C'était un choix de votre part ?

Oui dès le début je voulais faire un beau coffret, car c'est une série très téléchargée. Donc il fallait que les gens aient vraiment envie d'avoir le coffret DVD. Donc déjà en amont je voulais qu'on fasse des bonus, je trouve ça important. C'est vraiment un plus selon moi !

Merci à Simon Astier pour son temps, ainsi qu'à Universal et à l'agence Impressario.