En pleine période de Guerre Froide, l’espionnage est l’activité principale des grandes puissances de ce monde, et chacun y met du sien pour que tout se déroule au plus mal pour les autres : il faut alors du personnel compétent pour remplir les délicates missions confiées, et c’est John Drake (joué par Patrick Mc Goohan) qui s’y colle pour l’Otan.
Pacifiste, utilisant sa tête plutôt que ses poings, John Drake est l’anti-007 par excellence, même s’il dispose tout comme lui de matériel à la pointe de la technologie. Diffusée à partir de 1960 sur les écrans britanniques, la série « Destination Danger » prend à contre-pieds toutes les autres séries d’espionnages, éliminant la loufoquerie de
Chapeau melon et bottes de cuir ou la technicité de
Mission impossible, en y instaurant un réalisme (pour autant qu’on puisse connaître exactement le métier d’espion) qui apporte à la série un style nouveau et cohérent.
N’appartenant à aucun gouvernement en particulier (puisque faisant partie de l’Otan), John Drake reçoit ses ordres de trois hommes qui « surveillent » le globe, ce qui permet à notre héros de se retrouver dans des endroits exotiques pour exécuter ses missions : une similitude avec la série
Les Champions, qui montraient trois agents secrets envoyés dans des contrées lointaines résoudre les problèmes démocratiques les plus divers. Coté ressemblance, il est important de noter que Patrick Mc Goohan enfila le rôle de John Drake, espion, pendant 4 saisons (étalées sur 6 ans), et qu’il passa directement ensuite au rôle du numéro 6, ancien espion plus ou moins amnésique dans la série
Le prisonnier. Sans pouvoir utiliser le nom de Drake (pour une question de droits), le personnage reste très proche d’une série à l’autre, et les scénaristes n’ont pas hésité à utiliser des références de
Destinations Danger dans
Le prisonnier (un des épisodes de la première saison s’appelle « The prisonner » et un autre se déroule dans le village de Portmeirion, village qui servit de décor au prisonnier).
Moins connu que son illustre successeur, cette série est cependant un petit chef-d’œuvre, à (re)découvrir dans un coffret 6 dvd proposé par TF1 le 19 juillet prochain, qui reprend l’intégralité de la saison 1, avec 39 épisodes de 30 minutes en noir et blanc.
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