INTERVIEW DE L'EQUIPE DE PRODUCTION DE DOCTOR WHO


Par Audrey Oeillet et Alexandre Lemos, réalisée le 8 juillet 2012

Docto Who

La quatrième édition du Comic Con Paris a permis de découvrir les secrets de la production de la série Doctor Who en compagnie (de gauche à droite sur la photo) du réalisateur Toby Haynes, du scénariste Chris Chibnall, de la productrice Caroline Skinner et du compositeur Murray Gold. Nous avons pu leur poser quelques questions à l'occasion d'une table ronde. Voici leurs réponses !

Murray, je suppose que vous avez un temps limite pour écrire les musiques de Doctor Who, comment vous arrivez à convertir un univers aussi riche que celui de cette série ?

M.G. : J’aime cette série, du coup ça rend les choses plus simples. J’écris très vite, je peux faire 3 ou 4 morceaux dans une même journée si vous le demandez, une quinzaine de minutes… mais c’est terrible de faire ce métier si vous n’aimez pas ce sur quoi vous travaillez. Je vais écrire la semaine prochaine, que voulez-vous que j’écrive ?

Je peux vraiment vous demander un morceau en particulier ? Une nouvelle version de A magestic tale of a mad man in a box

M.G. : C’est un peu répétitif comme thème ! Mais effectivement les fans ont aimé et ils m’ont demandé de l’ajouter sur l’album de la saison 6 sur Twitter.

Caroline, Jonh Barrowman a dit qu’il aimerait faire son retour dans le rôle du Captain Jack et rencontrer River Song, est-ce que c’est prévu ?

C.S. : Je ne vais pas vous le dire ! Il faudra attendre.

Une question générale pour vous tous, qu’est-ce qui rend Doctor Who différent des autres séries sur lesquelles vous avez travaillé ?

T.H. : C’est une série unique en son genre, elle va n’importe où et chaque script nous surprend ! Même au sein d’un seul scripte, on a tellement de lieux différents : des mariages, des musées, du coup on l’étudie petit à petit… c’est très excitant ! Et il y a les monstres quoi ! Et l’Histoire…

C.S. : Toute l’équipe aime la série, on a tous grandi avec. On a l’impression de faire un film par semaine, à travers le temps et l’espace… et une des choses qui rend cette série aussi unique est l’amour que les fans lui portent.

M.G. : Et puis ce mélange des genres, je ne pense pas qu’il existe une autre série qui mélange autant de registres. Ce n’est pas que de la SF, ce n’est pas que dramatique

C.C. : Oui c’est vrai, ça doit être drôle, inquiétant, émouvant, rapide… ça doit vous briser le cœur et tout ça en même temps.

C.S. : En 45 mn !

T.H. : C’est surtout une série à propos de gens qui courent sans cesse et qui s’aiment. La série offre de nombreuses possibilités et même si ça fait parfois peur à la lecture du scénario ça reste excitant même si ça se passe dans les pires lieux possibles et qu’on veut parfois s’arracher les cheveux..

Chris, C’est vous qui avez écrit l’épisode le plus terrifiant de Torchwood, « Countrycide » et vos épisodes les plus inquiétants se passent à la campagne… je voudrais donc savoir d’où ça vient ?

C.C. : C’était il y a longtemps, avec la saison 1 de Torchwood. L’idée de ce qu’est qu’être humain et la réflexion qui s’impose malgré toutes les technologies, et quelqu’un m’a dit qu’un jour on ne pouvait pas vraiment avoir peur à la télé, donc je lui ai prouvé que si. Steven Moffat aussi a fait des histoires terrifiantes ! Surtout dans la saison 7….

D’ailleurs, comment réagissez vous après la lecture de l’un de ses scénarios ?

C.C. : Je me dis que c’est brillant ! Je suis tout étourdi...

T.H. : ...et après, on se demande comment on va pouvoir faire ça !

M.G. : Je me souviens d’un mail que tu m’as envoyé pendant la saison 6 en me disant « je n’ai aucune idée de ce que ça veut dire… » !

T.H. : Oui, c’est vrai que des fois on s’y perd, mais en voyant Doctor Who sur le script, on oublie la douleur et on s’y met en se disant « c’est mon épisode ! » (rires)

Comment se passe le rapport avec les fans sur Twitter ?

M.G. : Au début de la série, Internet était encore un endroit menaçant, les gens étaient agressifs sur les forum mais Russell T. Davies ne voulait pas en prendre compte. Et puis on s’est rendu compte que Rose avait l’âge des nouveaux fans et que les filles aiment de plus en plus la série, je crois que 15% des fans sont des femmes et ça a changé la vie de la série. Sur Twitter, on pourrait penser que les gens s’attaqueraient directement à nous mais ce n’est pas le cas. Sur Twitter on n’est pas vraiment anonymes et du coup et même avec ça, les gens ne sont jamais méchants. Twitter est un bon allié contre la solitude quand j’écris !

C.C. : On peut raconter beaucoup de choses sur Twitter mais ça ne m’intéresse pas vraiment.

T.H. : Quand Sherlock était diffusé, Steven Moffat et Mark Gatiss étaient souvent sur Twitter et on avait les réactions des gens directement à la fin des épisodes. Sauf quand la saison 2 s’est terminée on a eu un gros moment de blanc, plus de réaction… avant un retour en force.

Comment se passe le relai entre le scénariste, le réalisateur et vous pour la musique ? Avez-vous un droit de regard sur le montage final et l’utilisation de vos morceaux ?

M.G. : Non. Ça dépend d’une équipe à une autre.

Tiens, c’est intéressant !

M.G. : J’aime quand on me demande mon avis et parfois j’attends qu’on le fasse, mais c’est la personne qui a le plus d’autorité qui fait les choix et je dois l’accepter. Mais c’est partout pareil, quelqu’un doit avoir le dernier mot. Ça devrait être moi ! (rires)

C.S. : C’est moi ! (rires)

Toby, vous n’êtes pas annoncé à la réalisation de la saison 7…

T.H. : J’ai été très occupé. Mais j’aimerais revenir !

On a vu des photos de Mark Gatiss sur le tournage, il est donc impliqué ?

T.H. : Oui il s’occupe de deux épisodes dont l’un d’eux est en tournage. Il est très drôle et introduit Diana Rigg dans le casting, c’est très amusant.

Entretien réalisé en table ronde.