Les pistes sonores :
Les deux pistes stéréo française et japonaise sont de qualité technique équivalente avec un équilibre bien positionné entre le placement des voix, la musique et les bruitages. La clarté du son permet de profiter pleinement de l'énergie dégagée par les personnages et les effets latéraux de spatialisation emmènent le spectateur au cœur des frasques de ses nouveaux amis.
Les voix :
Pour ce type de série très démonstrative et dynamique, le doublage français est extrêmement difficile à réaliser pour être fidèle à l'original. C'est pourquoi pour l'apprécier, il ne faut pas avoir écouté les voix japonaises. Même si les comédiens y mettent du cœur, certaines voix et jeux d'acteurs ne collent pas comme ceux de Yakumo qui se veut timide mais dont la voix française dénature ce côté qui lui fait pourtant tout son charme. Même problème pour Karasuma dont l'inexpression n'est pas assez marquée et casse donc le personnage. De plus, dans la seconde partie de saison, plusieurs voix ont été changées (Hanai par exemple) et le principe passe difficilement. Enfin, certaines prononciations n'ont pas encore été intégrées, à l'image du "chi", que l'on peut entendre dans "Sawachika" ou "Ichijô", qui est le plus souvent prononcé "chi" et non "tchi" comme le japonais l'exige. Une autre erreur peut être signalée dans l'épisode 24 où le nom du bateau Kikokumaru a perdu une syllabe en se muant à l'oreille en "Kikomaru".
L'adaptation :
L'adaptation des sous-titres et du doublage français a réellement été travaillée et cela fait plaisir à lire et à entendre. Elle n'empêche pas les erreurs mais se place allègrement dans le haut du panier en termes de qualité. Terriblement importants ici, les différents suffixes tels que "-chan", "-san", "-kun" ou encore "-sensei" sont plutôt bien adaptés dans les deux cas par des marques de respect ou d'affection telles que "ma petite" pour "-san".
Pour une série se basant autant sur l'humour et les quiproquos, il est cependant difficile d'arriver à traduire certaines choses sans perdre le spectateur, pas forcément connaisseur de la culture japonaise, de sa grammaire et de ses nuances. On pense par exemple à l'histoire du kappa de l'épisode 04 qui est un imperméable (ou ciré) mais qui est surtout une créature de la mythologie japonaise ressemblant à une tortue. Ici, l'effort à été fait en donnant une phrase d'explication à la fin du sketch pour le néophyte. Par contre, il est dommage d'avoir traduit certains mots en sous-titres comme en doublage, pourtant désormais aisément usités en français comme bentô traduit en "boîte-repas" ou onigiri en "boulette de riz".
Le doublage est à 95% fidèle à la version originale et aux sous-titres. Le langage, les jeux de mots et autres expressions sont très bien tournés en français (ou sinon sont éludés mais c'est plutôt rare) par une bonne adaptation mais doublage comme sous-titrage comportent des erreurs ou des choix de traduction plus ou moins dommageables. Par exemple, dans le premier épisode, Tenma ne parvient pas à savoir la signification du mot "datto" traduit par Karasuma en "détaler comme un lièvre" pour les sous-titre mais "dépouiller un lapin" en doublage français, ce qui n'a vraiment aucun rapport. La suite du dialogue va heureusement dans le bon sens pour les deux versions, donc il n'y a pas de réelle contradiction dans la continuité mais une des deux adaptations est forcément dans l'erreur, mon japonais limité ne me permettant pas de prendre parti. Egalement dans l'épisode 01, lors de l'écriture de la lettre de Tenma, le sous-titrage est plus sujet aux rires car le "suki" (prononcé "ski") entendu en VO du "je t'aime" est confondu avec différents termes comme "skier" ou "sukiyaki", ce qui passe évidemment mieux qu'en doublage français où l'on parle de... "sauter à la corde" (ndr : !!!). Un peu d'essence de l'anime est donc perdue par certaines répliques en français dont un dernier exemple pourrait être une référence dans l'épisode 08 à l'histoire du paon de l'épisode 03 qui n'existe pas en version française.
Les sous-titres :
Les sous-titres ont eux aussi leurs problèmes de contradiction comme par exemple dans l'épisode 03 à 06:09 où Tenma doit dessiner le portrait de Karasuma de face, et alors qu'elle l'a fait de trois-quarts, Mikoto lui réplique "Mais pourquoi on le voit de face ?" ou encore le 23 où Tenma est confondue avec Yakumo à 13:19.
Il y a également des oublis de sous-titres ou bien le contraire, des sous-titres alors que les overlays sont présents. Tout cela se trouve plutôt dans les jikai, notamment ceux présents dans les épisodes 2, 4 et 5 mais nous pouvons citer aussi la réplique de Yakumo dans l'épisode 19 à 21:38.
Concernant les fautes d'orthographe, de grammaire, de frappe et de conjugaison, le lycée nous en réserve un bon lot dont encore les fameux (après Innocent Venus) "Dites" et "Faites" employés à l'impératif et au présent de l'indicatif avec des accents circonflexes sur le "i". Entre "une" sabre, un "délinquent", un "prêt de", des mauvaises terminaisons de futur simple et bien d'autres cas d'erreurs, c'est parfois troublant et encore pire quand elles se situent dans les overlays comme dans celui du jikai pour l'épisode 8 annonçant un "Netttoyage".
Le sous-titrage des génériques d'ouverture et de fin se fait de façon alternée entre la traduction française et le rōmaji japonais. Excellente idée si l'oubli n'avait pas été fait dans la seconde partie de saison (DVD 4 à 6) où les sous-titres sont toujours en français. D'ailleurs, le "Kuru kuru mawaru" du générique de début aurait dû être écrit "Guru guru mawaru".
Les overlays :
School Rumble repose énormément sur des écritures : panneaux, étiquettes, onomatopées, pensées, enseignes, SMS, et même celle manuscrite en live par les personnages. Tout est fait pour amuser le spectateur et dynamiser le rythme avec des données un peu partout à l'écran et c'est dans ce genre de série, à l'instar de Kare Kano, que les éditeurs s'arrachent les cheveux pour brainstormer de la façon dont tout cela sera traduit ou non. We Anim a donc décidé de passer par des overlays, c'est-à-dire que les écritures japonaises sont traduites directement dans l'image. On apprécie ou non ce principe car toucher une partie de l'image est une sorte de sacrilège pour l'œuvre mais cela a le mérite de fournir les indications sans passer par les sous-titres qui seraient alors très compliqués à comprendre lors de ce genre de scène pour différencier les traductions des paroles et celle des indications écrites (les pensées par exemple).
Sur la série, nous pouvons dire que le travail est à féliciter car un effort considérable a été effectué pour traduire le maximum de choses à l'écran. La grande majorité des caractères japonais ont donc été traduits en les remplaçant dans l'image avec la couleur, la police, la perspective, la dimension, le relief et la texture les plus semblables pour dénaturer au minimum le dessin. La grande partie des overlays a été réalisée sur des arrière-plans unis et donc faciles à redessiner après le remplacement des écritures mais quand cela ne pouvait être possible, comme dans le cas de textures ou d'arrière-plans plus compliqués, l'overlay a été ajouté à côté des inscriptions japonaises en respectant évidemment leur design. Sinon, il arrive que les caractères n'aient pas été traduits mais seulement pour des éléments n'apportant rien au spectateur. Certains choix peuvent être soulevés comme celui de l'épisode 20 où l'autographe de Mangoku apparaît traduit alors qu'il arbore par la suite les kanji japonais, ou encore celui des titres des épisodes et des séquences de présentation de début ou de fin avec les deux bandes colorées qui comportent des overlays pas toujours bien réalisés du fait de la police changeante et laide entre les trois premiers DVD et les trois suivants.