Toutes deux en Dolby Digital 2.0, les pistes sonores japonaise et française sont techniquement agréables à l'oreille et d'une excellente clarté mais diffèrent par leur équilibrage. En effet, la bande son française place les voix un peu plus en avant que son homologue originale et ce léger retrait de la musique et des effets sonores lui confèrent moins de punch.
Place au sous-titrage français dont l'adaptation est fidèle, compréhensible et très bien menée. Cependant, typographiquement parlant, les règles doivent être revues car la totalité des points d'exclamation, d'interrogation et des deux-points ne sont jamais précédés d'une espace (ndr : et j'ai bien dit "une"). Les Studios de Saint Maur étant bel et bien français, il est curieux de tomber sur cette typographie utilisée entre autre par les anglais. De plus, les fautes d'orthographe sont quasiment inexistantes à l'exception de deux qui font brûler les yeux car ce sont des mots relativement souvent usités : l'utilisation des impératifs "Dites" et "Faites" avec un accent circonflexe sur le "i" ("Dîtes" est la forme du passé simple de l'indicatif pour la deuxième personne du pluriel et le faîte désigne la partie haute d'un bâtiment). Autre faute récurrente, l'abréviation "km" des kilomètres est toujours notée "kms". Pour finir, deux répliques n'ont pas été sous-titrées lors de l'épisode 2 à 03:29.
Le doublage français, même s'il se tient pour celui ne connaissant pas la version originale, possède de nombreux défauts à commencer par des voix et des jeux caricaturaux en ce qui concerne les bad guys de la Phantom. Pour les autres, l'interprétation s'avère plutôt réussie, les comédiens sachant faire ressortir le caractère et les émotions des personnages.
Ceci mis de côté, c'est l'aspect très libertaire de l'adaptation qui choque. Outre tous les termes en langues étrangères qui ont été francisés à l'image des "Revenus" pour les "Revinus" ou des "Freedom States" pour les "Pays Libres" – quand des mots sont dans une autre langue que l'originale, l'usage voudrait à juste titre qu'on les conserve ainsi –, les dialogues sont parfois bien éloignés de ce qui est réellement dit, et ce, pour des raisons incompréhensibles.
Nous pouvons citer par exemple lors de l'épisode 10 où Hijin dit en sous-titrage :
- "Néanmoins, garde bien ça en tête. Achève toujours un ennemi qui te demande grâce, d'accord ?",
alors que la version française annonce :
- "De toute façon, quelles que soient vos raisons, je m'en moque. Mais faites attention à une chose :
ne mettez pas notre organisation en danger. C'est bien compris ?".
Deuxième exemple dans le troisième épisode lors d'un dialogue entre Sana et Toraji. Quand on peut lire :
- "Si vous me faites des trucs bizarres, je hurle !"
- "Désolé, mais je n'ai pas ce genre de penchant.",
la version française édulcore par :
- "Je vous préviens. Si vous approchez encore je vais crier."
- "Qu'est-ce qui te fait croire que j'ai envie de te faire du mal ?".
Et c'est comme cela bien trop souvent, alors même si ça n'arrive pas à la cheville des délires verbaux des doubleurs français d'Hokuto No Ken de l'époque Dorothée, il est dérangeant de ne pas respecter les propos de l'œuvre, surtout sans l'ombre d'une raison qui soit légitime.
La compréhension de la toile principale n'en ai pas pour autant mauvaise hormis pour quelques erreurs comme celle dans l'épisode 11 où Jin à 07:26 parle de la "4e génération" alors qu'il s'agit en fait de la troisième comme énoncé dans les sous-titres, ou encore lorsque l'on nomme Nakahira en l'appelant "Nakahata" dans l'épisode 7 à 12:17. De plus, Hijin dit deux fois qu'elle n'aime pas qu'on l'appelle Oryô (épisode 3), et pourtant, par la suite et uniquement en version française, elle va être appelée ainsi par Toraji sans rebondir. Enfin, l'organisation Phantom est appelée logiquement "la" Phantom en sous-titres mais la version française parle toujours "des" Phantom. Cela peut porter à confusion (avec les fantômes) quand on ne le voit pas écrit, même si le principe qu'il s'agisse d'une organisation est expliqué dans l'introduction du premier épisode.
Pour terminer, les crédits des génériques étant traduits directement dans l'image (overlays), ils gênent les sous-titres des chansons qui auraient pu être placés de façon plus pratique. A noter la bonne idée de sous-titrer les génériques d'ouverture et de fin en français et en japonais de façon alternée.